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L’« affaire Dreyfus des beaux-arts » : Guimard et la Légion d’honneur

22 mai 2026

C’est toujours avec plaisir que nous accueillons les articles de Léna Lefranc-Cervo qui est à présent Docteure en histoire de l’architecture et enseignante à l’Université de Lorraine. Faisant idéalement suite à son article « Protéger le patrimoine Art nouveau parisien : initiative et réseaux dans l’entre-deux guerres », puis à son intervention Hector Guimard et le Groupe des architectes modernes : réseaux et stratégies de mobilisation d’un architecte moderne lors de la journée d’étude Hector Guimard à l’hôtel de Ville de Paris le 3 décembre 2024, et enfin à notre article sur l’utilisation des différentes variétés de briques par Guimard, cette enquête sur une déconvenue subie par notre architecte montre qu’une simple dénonciation calomnieuse qui aurait pu être balayée par une courte enquête a nécessité la mobilisation obstinée de son réseau amical et professionnel pour parvenir à l’obtention de la décoration convoitée. Cette inertie administrative pourrait aussi être révélatrice des séquelles d’une ancienne hostilité vis-à-vis de ce novateur, en même temps qu’une certaine incapacité à le reconnaître comme l’un des pères de l’architecture et des arts décoratifs modernes en France.

 

Croix de chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, modèle de la IIIème République. Source commons.wikimedia.org

L’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 signe une victoire pour les architectes modernes. Ceux-ci réunis en 1922 au sein du Groupe des architectes modernes (GAM) avaient en effet obtenu les principales commandes à l’Exposition internationale. À l’issue de l’évènement, Frantz Jourdain, le président du Groupe, considère en effet l’exposition comme « une victoire complète de l’art moderne sur toutes les forces de l’incompréhension et de la routine[1] ».

 

Portrait de Frantz Jourdain en 1923. Bibliothèque nationale de France.

Peu de temps après, Henri Sauvage, vice-président du GAM, écrivant à Paul Léon, directeur des Beaux-Arts, relate : « vous nous avez si bien conduits à l’assaut que nous voici arrivés, tous d’un coup, et presque [inconsciemment ?], au succès[2] ». Le succès est donc au rendez-vous et le commissariat de l’Exposition demande alors la promotion à la Légion d’honneur des bâtisseurs, processus qui aurait alors achevé de consacrer les membres du Groupe comme les grands représentants de la scène architecturale française.

Dès 1926, plusieurs architectes ayant participé à l’évènement sont promus aux différents grades de la Légion d’honneur. Henri Pacon, Michel Roux-Spitz, Pierre Chareau, Albert Laprade, Alfred Levard, Bernard Haubold, Edmond Malo, Robert Mallet-Stevens, Joseph Marrast, Paul Montagnac, Fernand Nathan, Auguste Perret, Henri Sauvage et Pierre Selmersheim sont faits chevaliers. Quelques autres sont aussi promus au grade supérieur d’officiers comme Adolphe Dervaux, Ernest Herscher et Charles Letrosne ainsi que Pierre Paquet, Louis-Pierre Sézille, Louis Sorel et Pierre Sardou. Si la promotion de Dervaux, Sorel, Selmersheim et Sauvage résonne alors comme une victoire pour le Groupe des architectes modernes, celui-ci essuie aussi un revers cuisant avec l’oubli d’Henri Favier, de Gabriel Guillemonat, de Pierre Patout et surtout celui de son vice-président et fondateur Hector Guimard. Réunis pour discuter des nouvelles promotions, les membres du comité s’indignent en effet « de ne pas trouver à l’Officiel le nom de certains membres qui rendirent des services exceptionnels[3] ». Le comité adresse alors une lettre au Ministre du Commerce et deux textes de protestation sont publiés dans Comœdia le 6 juin 1926. Yvanhoé Rambosson, secrétaire général du Groupe, entend bien y rappeler publiquement le rôle fondamental de Guimard qui « a joué un rôle trop prépondérant dans l’histoire du mouvement moderne pour qu’on puisse l’oublier[4] » :

« Que les novateurs d’à présent se demandent s’ils feraient ce qu’ils font sans avoir profité de l’expérience de deux générations. Ils reconnaîtront le rôle splendidement révolutionnaire de Guimard et le défendront avec moi. (…) Il serait inique de voir décorer un grand nombre de ceux qui ont pénétré dans la forêt nouvelle par la brèche qu’il avait faite, sans que soit récompensé le premier bûcheron[5] ».

 

Portrait d’Yvanhoé Rambosson, Le Carnet de la semaine, 12 juillet 1925, p. 12.

Alors qu’après cette réclamation, Patout se voit enfin décerner le grade de Chevalier. Guimard, quant à lui, continue d’être marginalisé dans le processus de reconnaissance. Au comité de février 1927, « l’affaire Guimard » occupe une grande partie des échanges entre les membres. De nouvelles démarches sont alors entreprises auprès de Bokanowski[6] par le GAM et d’Édouard Herriot par Rambosson. Mais le comité fait état des difficultés rencontrées :

« Une indifférence totale a accueilli les diverses manifestations de notre indignation. Nous nous sommes heurtés à des hommes haut placés qui n’ont point voulu s’informer eux-mêmes d’un cas si délicat, ou qui n’ont pris aucune détermination[7] ». Le comité se montre en tout cas résolu : « Nous ne pouvons en rester là perpétuellement. Nous avons le devoir d’aboutir à lever la cruelle injustice qui frappe notre camarade GUIMARD, et le Groupe aura à faire son affaire personnelle de son cas[8] ».

 

La Chancellerie de l’ordre de la Légion d’honneur avait été destinataire d’une lettre d’un industriel dénommé Taté, propriétaire d’une usine et d’une carrière de plâtre à Thorigny-sur-Marne et qui, sans toutefois en préciser les raisons exactes[9], jugeait Guimard indigne de recevoir cette distinction[10]. On ignore l’objet exact de ce différend. Il est possible qu’il soit survenu dans le cadre de leur collaboration pour la réalisation de la mairie du Village français.

 

Lettre de Taté adressée au Grand Chancelier de l’Ordre de la Légion d’honneur le 18 mai 1925. Archives Nationales, base de données Léonore, dossier de Légion d’honneur de Guimard.

 

« Monsieur le Grand Chancelier,

Je crois accomplir un devoir de Français en vous mettant en garde contre la candidature de :

Monsieur Hector Guimard, architecte, 122 avenue Mozart à Paris

Architecte de la Mairie du Village Moderne à l’Exposition des Arts Décoratifs.

Je me bornerai à vous signaler qu’il existe une fiche de renseignements sur son compte à la Fédération Industrielle des Matériaux de Construction, 38, rue Meslay à Paris.

Fiche et renseignements sont à la disposition de TOUS LES MEMBRES des syndicats Patronaux adhérents à la Fédération. Aussi votre religion aurait-elle intérêt à en connaitre pour son édification.

Vous pouvez facilement par l’un quelconque des Membres faisant partie de notre Conseil d’Administration, Légionnaire, obtenir communication de ce dossier.

           Agréez, je vous prie, Monsieur le Grand Chancelier, l’assurance de ma haute considération.

 

N.B. — Les Membres du Conseil d’Administration de notre Fédération sont aussi les réviseurs des fiches et renseignements qui sont communiqués aux Membres de syndicats Fédérés. »

 

La plainte de Taté déclenche en tout cas une enquête, ouverte au sein du ministère du Commerce, qui met alors un coup d’arrêt à toutes les démarches entreprises par le commissariat de l’Exposition. L’injustice est, semble-t-il, suffisamment manifeste pour que le vice-président du GAM, lésé, décide de ne pas se rendre au banquet organisé par le Groupe des architectes modernes en mars 1927 en l’honneur des nouveaux légionnaires[11]. À cette occasion, Guimard rédige une lettre dans laquelle, tout en félicitant ses confrères de leurs succès, il exprime son désarroi face à l’injustice qui le touche.

Sous la plume de Rambosson, ces péripéties prennent alors le nom d’« Affaire Dreyfus des Beaux-Arts[12] ». Le cas est de nouveau évoqué à la séance du comité du GAM du 7 juin où Frantz Jourdain, se désolant de la lenteur administrative, indique reprendre les démarches. Mais en novembre rien n’est encore obtenu. Le secrétaire général du GAM rappelle alors les promesses faites par Paul Léon ainsi que celles d’Herriot et s’étonne que le Groupe n’ait pas obtenu satisfaction. Il faudra cependant attendre encore deux ans avant que les démarches des architectes du GAM se fassent plus offensives. Le 2 février 1929, Rambosson fait parvenir au ministre du Commerce une lettre contresignée par Jourdain[13] au nom du Groupe des architectes modernes.

 

Première page de la lettre d’Yvanhoé Rambosson, contresignée par Jourdain, adressée au Grand Chancelier de l’Ordre de la Légion d’honneur le 2 février 1929. Archives Nationales, base de données Léonore, dossier de Légion d’honneur de Guimard.

De son côté, Frantz Jourdain écrit lui-même au Grand Chancelier dès le jour suivant et quelques jours plus tard, Jean-Baptiste Bienvenu-Martin, sénateur de la gauche radicale et ancien ministre, fait lui aussi parvenir une lettre dédouanant l’architecte en usant des mêmes arguments que ceux énumérés par Rambosson et Jourdain[14].

 

Lettre du sénateur Jean-Baptiste Bienvenu-Martin adressée au ministre du Commerce le 12 février 1929. Dossier de Légion d’honneur de Guimard. Archives Nationales, Base de données Léonore.

Insistant sur l’irréprochabilité du vice-président du GAM, Rambosson, le secrétaire général du Groupe, rappelle que la promotion a été demandée par pas moins de trois organismes différents : le commissariat général de l’Exposition des arts décoratifs, le Groupe des architectes modernes et la Société des artistes décorateurs. Il réduit la réclamation de Taté à un simple « différend entre architecte et entrepreneur, chose courante et qui relève simplement du Tribunal de Commerce ou du tribunal Civil[15] ». Il rappelle que Taté n’a saisi aucune de ces deux instances « et qu’il ne semble donc pas qu’on puisse tenir compte d’une lettre envoyée dans de telles conditions[16] ».

Quant à Jourdain, il fait remarquer au Grand Chancelier que l’on ne connaît toujours pas les charges retenues contre Guimard : « Les Ministres que j’ai eu l’honneur de voir à ce sujet, [illisible] m’ont toujours affirmé qu’aucun grief ne subsistait contre notre candidat et je me heurte à une situation inextricable dont vous seul, Mon Général, pouvez trouver la solution[17] ». Il poursuit : « Si M. Guimard est innocent et digne de l’estime que lui portent tous les artistes, qu’on réceptionne enfin un artiste de 62 ans qui a fait preuve dans sa longue carrière d’autant d’originalité que de talent et qui doit enfin être lavé d’attaques hypocrites, basses et lâches qui peuvent grandement salir sa réputation[18] ».

Afin de soutenir leur démarche, Rambosson fait publier le 22 février dans Comœdia un petit texte insistant sur le rôle joué par le vice-président du GAM dans la naissance de l’architecture moderne en France[19].

Les interventions des deux hommes semblent avoir été déterminantes et grâce à l’action énergique d’André Dezarrois, chef de cabinet du sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts André François-Poncet, l’affaire se dénoue enfin. Dezarrois s’informe auprès de la Fédération industrielle des matériaux de construction dont le président répond n’avoir jamais été informé d’un problème concernant Guimard et n’avoir jamais été sollicité pour donner un avis sur l’architecte[20].

 

Lettre du président de la Fédération industrielle des matériaux de construction au sous-secrétaire d’État au Beaux-Arts le 7 février 1929. Archives Nationales, base de données Léonore, dossier de Légion d’honneur de Guimard.

Cette réponse met un terme définitif à l’affaire et, le 28 février 1929, Guimard est enfin promu au titre de Chevalier. La nouvelle est annoncée immédiatement dans Comœdia et Frantz Jourdain, lui-même Grand Officier, reçoit Guimard au sein de la Légion d’honneur. La résolution de l’affaire prouve ainsi la solidarité et la capacité des architectes modernes, proches de Guimard, à se mobiliser.

 

Procès-verbal de réception d Guimard dans l’Ordre de la Légion d’honneur daté du 27 mars 1929. Dossier de Légion d’honneur de Guimard. Archives Nationales, Base de données Léonore.

Ce type de démarche est caractéristique des stratégies de positionnement des membres du GAM, convaincus que la reconnaissance des architectes modernes, et par eux, de l’architecture moderne, ne pourra passer que par la validation par les instances officielles. En 1895, Jourdain avait publié Les décorés, ceux qui ne le sont pas[21] en hommage aux artistes n’ayant pas obtenu de reconnaissance institutionnelle. Bien que l’ouvrage ne comprenne étonnamment aucun nom d’architecte, il reste fondamental pour comprendre la démarche de Jourdain qui entretient pendant toute sa vie l’ambition de la consécration officielle des architectes modernes. Pour le président du GAM, l’obtention d’une distinction telle que la Légion d’honneur constitue une étape essentielle dans le combat en faveur de leur reconnaissance. Cet intérêt que manifeste Jourdain peut paraître surprenant eu égard à son opposition systématique, et souvent virulente, à ces mêmes instances officielles. Jourdain est en effet surtout un réformateur progressiste qui cherche à améliorer la situation des artistes modernes mais n’en reste pas moins attaché aux valeurs républicaines de mérite. Ce ne sont en effet pas les institutions que Jourdain remet en question, mais plutôt la sélection à laquelle celles-ci procèdent et donc par extension le jugement de ceux qui les constituent. Jourdain pense que la reconnaissance des architectes modernes, et par elle, le triomphe de l’architecture moderne, sera obtenue grâce à la pression exercée démocratiquement par le biais des associations notamment. Son objectif principal est d’obtenir la reconnaissance officielle des modernes par le remplacement des références. Pour Jourdain, les architectes novateurs doivent in fine remplacer les architectes des beaux-arts, considérés par lui comme médiocres, en tant que gloires artistiques françaises. Selon lui, la victoire des novateurs ne pourra être atteinte que s’il s’opère un renversement des valeurs au sein même de l’espace démocratique.

Suite à cette victoire tant attendue, le GAM décide alors la tenue d’un banquet en l’honneur de l’architecte qui sera organisé en juin 1929 à l’hôtel Lutetia.

 

A. Meffre photographe. Banquet du Groupe des Architectes Modernes en juin 1929 en l’honneur d’Hector Guimard à l’hôtel Lutetia. Fonds Perret, Centre d’archives d’architecture contemporaine (Cité de l’architecture). Droits réservés.

Ce banquet se présente en effet comme un moment de fête autour de la consécration du vice-président Hector Guimard. Il s’agit de célébrer ce que le GAM va présenter comme la reconnaissance officielle de l’architecte et comme une nouvelle victoire des modernes conquise grâce à la mobilisation du Groupe. Par Guimard, c’est aussi tout le réseau fondateur du Groupe des architectes modernes qui se voit reconnu. Pour le GAM, l’événement signifie, semble-t-il, le ralliement de l’État à la cause des modernes. À ce titre la liste des représentants politiques de l’État et de la ville de Paris que le GAM projette d’inviter est impressionnante. Ce ne sont pas moins de onze représentants d’administrations nationales et parisiennes qui sont conviés parmi lesquels André François-Poncet, sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts, et son chef de cabinet André Dezarrois, mais aussi le Préfet de la Seine, de Police, le Président du Conseil municipal, du Conseil Général, les rapporteurs du budget des Beaux-Arts au Sénat et à la Chambre, le Président du Tribunal Civil de la Seine et enfin Paul Léon et Fernand David. En dehors de la présence confirmée d’André François-Poncet à ce banquet, celle d’autres représentants de ces administrations ne peut être confirmée. Le discours prononcé par le sous-secrétaire d’état, ira en effet dans le sens du GAM et le haut-fonctionnaire confirme la consécration des architectes du Groupe considérant que l’Exposition a montré que la France a regagné « sa vraie place, sa place de créateur, de guide, de metteur au point[22] ». Ce résultat « est l’œuvre des hardis pionniers, des animateurs qui sont ici rassemblés, des Frantz Jourdain, des Louis Bonnier, des Henri Sauvage, des Georges [sic] Sorel, des Auguste Perret, des Paul [sic] Bluysen, des Louis Boileau, des Adolphe Dervaux, des Lucien Woog[23] ». Le banquet ne peut toutefois jouer ce rôle sans la médiatisation de l’événement dont se charge Rambosson dans Comœdia. L’ancien secrétaire général du Groupe présente le banquet comme « une belle fête de l’architecture moderne[24] » qui rassemble « les meilleurs de nos novateurs[25] » parmi lesquels il désigne : Auguste Perret, Sauvage, Bonnier, Dervaux, Boileau, Sézille, Sardou, Selmersheim, Patout, Tournon, Abraham, Favier, Gouverneur, Woog et Bluysen[26].

Néanmoins, le discours de François-Poncet constitue aussi un hommage mitigé à Hector Guimard, pourtant invité d’honneur de ce dîner. Revenant sur ses souvenirs d’enfance à Cabourg, le haut-fonctionnaire évoque alors les maisons interchangeables, construites au tournant du siècle, puis l’arrivée de prototypes modernes d’architecture :

« Et puis, un jour, surgit sur cette côte l’effort d’Hector Guimard (…) pour moi ce fut un sujet de perplexité et l’origine d’une réflexion. Je ne jugeais pas que le résultat fût pleinement réussi et je n’avais pas, à vrai dire, l’impression péremptoire d’une beauté décisive. Mais j’étais troublé ; c’était pour moi la révélation d’une tentative, d’une volonté d’invention, dont il me semblait au fond de moi-même que le principe était juste et louable ; aussi ai-je été particulièrement heureux de pouvoir, quelque vingt-cinq ans plus tard, rendre hommage – et justice – à celui qui me l’avait donné[27] ».

 

Portrait d’André François-Poncet (1887-1978) en 1931. Source : Wikipédia, Agence de presse Meurisse, Bibliothèque nationale de France.

Le discours de François-Poncet est symptomatique de la relative indifférence et de la mauvaise réception de l’œuvre de Guimard en cette veille des années 1930, ainsi que de la difficulté à admettre l’architecte comme une figure de proue de l’architecture moderne. Il annonce à bien des égards l’oubli et l’invisibilité dans lesquels sombreront l’architecte et son œuvre dans la décennie suivante. Si Guimard peut en effet compter sur le soutien de ses amis et de son réseau, qui demeurera toujours mobilisé pour défendre son œuvre comme le montreront les démarches d’Auguste Bluysen dans les années 1940, en revanche la relative incompréhension dans laquelle est tombée l’Art nouveau, occultera la qualité et l’intérêt de sa production pendant au moins une trentaine d’années.

 

Léna Lefranc-Cervo

Docteure en histoire de l’architecture

 

Notes

[1] Yvanhoé Rambosson, « Les conséquences de l’Exposition », Paris-Soir, 8 juillet 1925, p. 1

[2] Lettre manuscrite d’Henri Sauvage à Paul Léon, 3 mai 1926, Pierrefitte-sur-Seine, Archives nationales, Fonds du Ministère de l’Instruction publique et des beaux-arts, 20140260/2.

[3] Le Rapin, « Beaux-Arts. Nouvelles au fusain », Comœdia, 6 juin 1926, p. 2.

[4] Ibid.

[5] Yvanhoé Rambosson, « Un autre oublié Guimard », Comœdia, 6 juin 1926, p. 1.

[6] Maurice Bokanowski est à l’époque ministre du Commerce.

[7] Procès-verbal de la séance du comité du Groupe des architectes modernes du 19 février 1927, Paris, Centre d’archives d’architecture contemporaine, Fonds Perret, 535 AP 561/1.

[8] Ibid.

[9] Je remercie le Cercle Guimard et Frédéric Descouturelle pour cette information.

[10] Lettre dactylographiée de Taté au Grand Chancelier de la Légion d’honneur, 18 mai 1925, Pierrefitte-sur-Seine, Archives nationales, Dossier de Légion d’honneur d’Hector Guimard, consultable en ligne https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/#show

[11] Yvanhoé Rambosson, « Le banquet des architectes modernes », Comœdia, 28 mars 1927, p. 2.

[12] Yvanhoé Rambosson, « Une belle fête de l’architecture moderne », Comoedia, 22 juin 1929, p. 3. Dans la mesure où une connotation antisémite n’a pu être retrouvée dans cette affaire de retard d’attribution de Légion d’honneur, il faut très certainement prendre ce terme d’« affaire Dreyfus des beaux-arts » comme un équivalent de « grave injustice », même s’il n’y a évidemment pas de commune mesure entre les deux affaires.

[13] Lettre manuscrite d’Yvanhoé Rambosson, contresignée par Frantz Jourdain, au ministre du Commerce, 2 février 1929, Pierrefitte-sur-Seine, Archives Nationales, Dossier de nomination d’Hector Guimard au grade de Chevalier de la Légion d’honneur, consultable en ligne https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/#show. Rambosson fait suivre sa signature de son titre de Chevalier de la Légion d’Honneur et Jourdain celui de Grand Officier de la Légion d’honneur.

[14] Lettre manuscrite de Jean-Baptiste Bienvenu-Martin, 3 février 1929, Pierrefitte-sur-Seine, Archives Nationales, Dossier de nomination d’Hector Guimard au grade de Chevalier de la Légion d’honneur, consultable en ligne https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/#show

[15] Lettre manuscrite d’Yvanhoé Rambosson, contresignée par Frantz Jourdain, au ministre du Commerce, 2 février 1929. Op.cit.

[16] Ibid.

[17] Lettre manuscrite de Frantz Jourdain au Général Dubail, Grand Officier de la Légion d’Honneur, 3 février 1929, Pierrefitte-sur-Seine, Archives Nationales, Dossier de nomination d’Hector Guimard au grade de Chevalier de la Légion d’honneur, consultable en ligne https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/#show

[18] Ibid.

[19] « Les artistes. Hector Guimard », Comœdia, 22 février 1929, p. 2.

[20] Lettre dactylographiée du président de la Fédération industrielle des matériaux de construction au sous-secrétaire d’État au Beaux-Arts, 7 février 1929, Pierrefitte-sur-Seine, Archives Nationales, Dossier de nomination d’Hector Guimard au grade de Chevalier de la Légion d’honneur, consultable en ligne https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/#show

[21] Frantz Jourdain, Les décorés, ceux qui ne le sont pas, Paris, H. Simonis Empis, 1895.

[22] « M. François-Poncet exalte la nouvelle architecture française », Comœdia, 22 juin 1929, p. 1.

[23] Idem., p. 2.

[24] Yvanhoé Rambosson « Les Beaux-Arts. Une belle fête de l’architecture moderne », Comœdia, 22 juin 1929, p. 3.

[25] Ibid.

[26] Le banquet réunit aussi en outre Brunet, Montagnac, Lambla de Sarria, Guillemonat, Guët et Houdaille.

[27] « M. François-Poncet exalte la nouvelle architecture française », Comœdia, 22 juin 1929, p. 1.

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