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Assemblée générale 2016

L’Assemblée Générale de notre association s’est tenue le 19 mars 2016 de 10 h à 12 h chez Maxim’s, au premier étage dans le petit théâtre, grâce à l’aimable invitation de M. Pierre-André Hélène, conservateur du Musée Art Nouveau Maxim’s (3 rue Royale, Paris 8ème).

Photo J.-P. Kosinski

Photo J.-P. Kosinski

 

Pendant ce temps, une équipe de tournage composée d’étudiants en BTS audiovisuel de l’ISA, qui nous avait contactés pour l’aider à réaliser son diplôme de fin d’année sous la forme d’un reportage sur l’Art nouveau, tournait des interviews dans l’immeuble.

Après une allocution de bienvenue de M. Hélène au cours de laquelle étaient projetées des vues anciennes de Maxim’s (cf. illustrations ci-dessous), Jean-Pierre Lyonnet, président de l’association, souhaitait la bienvenue aux participants et ouvrait l’Assemblée Générale.

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Un bref rapport financier (approuvé à l’unanimité des votants) montrait la bonne santé de l’association, grâce aux rentrées dues à l’augmentation du nombre des adhérents et aux ventes de rééditions de chiffres et de poignées.

 

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAUn point sur les travaux universitaires en cours était consacré au Master II en histoire de l’art que Frédéric Descouturelle a soutenu en septembre 2015 sur les Fontes ornementales de l’architecte Hector Guimard produites à la fonderie de Saint-Dizier sous la direction de Jean-François Belhoste à l’Ecole Pratique des Hautes Études. Notre trésorier poursuit son cycle universitaire avec un doctorat en histoire de l’art consacré aux Editions d’objets du décor architectural et de préfabrications par l’architecte Hector Guimard avec le même directeur de recherches.

Cette évocation des fontes ornementales de Guimard était l’occasion de montrer la couverture d’un catalogue de fontes Guimard récemment acquis, d’un modèle moins courant que ceux habituellement connus.

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Nous avons évoqué le Monument du Souvenir Français figurant dans ce catalogue de fontes « Style Guimard » grâce à la découverte d’un document ancien le présentant dans son cadre originel au parc du Petit Jard à Saint-Dizier à proximité d’un banc en fonte Guimard du modèle GO. Ce monument en fonte qui a disparu certainement lors de la première guerre mondiale (renseignement fourni par l’association du Souvenir Français) change donc de statut dans l’œuvre de Guimard : il passe de projet à réalisation. De plus nous venons d’apprendre que son contre-modèle (en deux parties articulées) se trouve aux Etats-Unis.

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Le chapitre des visites de quartier était commenté par Agathe Bigand-Marion. Depuis plus d’un an, elle guide avec succès nos deux circuits pédestres dans le XVIe arrondissement. L’un des deux parcours, effectué à partir du Castel Béranger permet de découvrir une sélection représentative de la période Art Nouveau et de la période tardive de Guimard. L’autre parcours, plus au sud, permet de découvrir d’autres bâtiments dont certains sont antérieurs à la période Art nouveau.

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Le Cercle Guimard s’est donné pour vocation de s’impliquer dans la protection des œuvres de Guimard qui peuvent être menacées. Nicolas Horiot présentait donc l’état des démarches en cours pour La Sapinière à Hermanville sur la côte normande. Grâce aux recherches effectuées, la date de construction a pu être précisée (1907). Sur une proposition du Cercle Guimard et sur une implication irréprochable de la DRAC de Basse-Normandie, l’édifice a été inscrit le 25 novembre 2015 à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH).

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La menace pesant sur les espaces intérieurs du 8 rue Agar nous a été signalée par une habitante de l’immeuble. Au contraire du 10 rue Agar dont la rampe en fontes Guimard a été démontée et les marches recoupées pour faire place à un ascenseur, le 8 rue Agar possède encore sa cage d’escalier originelle sans ascenseur. Mais à la demande de certains propriétaires, le même processus risque de se répéter ici. Le revêtement mural originel en faux jointoyage, actuellement dissimulé sous la peinture, ainsi que les verres imprimés « Guimard » des fenêtres risquent également d’être impactés par ce projet. Une demande d’extension à la cage d’escalier de l’inscription à l’ISMH peut être déposée par le Cercle Guimard.

cage escalier 8 rue Agar, photo Nicolas Horiot

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Une annexe de l’immeuble Jassedé du 1 rue Lancret est également concernée par un projet de démolition. Cet immeuble est adjacent à celui du 142 avenue de Versailles qui est plus connu.

Immeuble Jassedé, 1 rue Lancret. La « cour des miracles » se trouve à droite.

Immeuble Jassedé, 1 rue Lancret. La « cour des miracles » se trouve à droite.

AG 2016-17Le projet de transformation concerne le fond de la « cour des miracles » (actuellement villa Alexandre Tansman), originellement constitué par une remise qui a servi de garage automobile (sa double porte de droite est d’origine).

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Le projet consiste à démolir cette remise et à reconstruire à la place une petite habitation. Notre documentation iconographique permettait de préciser la configuration ancienne de cet emplacement ainsi que son attachement au lot constitué par les « immeubles Jassédé ». Une copropiétaire de l’immeuble nous a alerté peu avant l’Assemblée Générale sur l’existence de ce projet et a été invitée à prendre la parole. Le Cercle Guimard soumettra prochainement ces nouvelles pièces d’archives au regard avisé de l’Architecte des Bâtiments de France.

Il est évident que les techniques de numérisation et de réalité augmentée prendront rapidement une part croissante dans la compréhension et la visite de bâtiments existants ou disparus. À l’occasion de son diplôme final d’architecture Nicolas Horiot a effectué la première numérisation d’un bâtiment de Guimard avec la Salle Humbert de Romans. Il poursuit actuellement l’amélioration de ce travail.

 

AG 2016-20Comme nous l’indiquons régulièrement, le Cercle Guimard n’a pas pour vocation de faire la promotion du marché de l’Art et ne conduit pas d’expertises au sens légal du terme. Cependant, nous ne nous interdisons pas de donner un avis — fondé sur des archives et des publications anciennes — sur certains objets mis en vente, en particulier lorsque l’attribution à Guimard est sujette à caution. Olivier Pons illustrait ce point par quelques objets sur lesquels nous sommes intervenus. Le premier d’entre eux était le désormais fameux « demi-meuble Guimard » (ci-contre) constitué du tronçonnement dans le plan frontal d’un meuble de présentation qui se trouvait originellement dans le salon de l’Hôtel Guimard au 122 avenue Mozart.

Par ailleurs notre rubrique « Ceci n’est pas un Guimard », consultable sur notre site Internet, présente régulièrement des objets faussement attribués à Guimard.

 

Mais, en raison de son caractère exceptionnel et de son intérêt historique, la vente de la collection d’Yves Plantin en novembre 2015, nous a vu participer à l’élaboration de son catalogue. Comme on le sait, Yves Plantin a fait partie des redécouvreurs de Guimard à la fin des années soixante et a ainsi participé à la sauvegarde d’archives, d’objets d’art et de mobilier. Plusieurs articles de cette vente étaient successivement présentés : le cadre d’un tableau provenant de la famille Coilliot,

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le numéro de maison en fonte de l’Hôtel Nozal, dont les traces bleues proviennent de sa mise en peinture pour les besoins du film Hectorologie d’Alain Blondel et Yves Plantin en 1967,

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l’intérieur de cheminée en fonte et son manteau en marbre provenant du Castel Béranger, préemptés par le musée de Saint-Dizier,

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une banquette provenant de l’aménagement de l’Hôtel Delfau en 1895,

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des dessins de lustres, une croix funéraire en fonte et une paire de fauteuil de la Salle Humbert de Romans.

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Après un rappel des rééditions actuellement vendues (chiffres en fontes et poignées en porcelaine) et dont les bénéfices ont une part non négligeable dans notre exercice financier, Frédéric Descouturelle présentait trois nouveaux projets de rééditions. Les deux premiers concernent des articles de quincaillerie avec les poignées palières du Castel Béranger et de l’Immeuble Jassedé qui seront rééditées en bronze sous forme de béquilles.

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Les systèmes de crémones présents au Castel Béranger et au Castel Henriette originellement en fonte (ou en bronze pour la poignée) seront également rééditées entièrement en bronze.

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Notre propos est de produire des pièces de belle qualité dans des matériaux nobles, tout en permettant l’identification rapide des produits en tant que rééditions (par exemple par un logo en creux) sans confusion possible avec des pièces anciennes. Nous aviserons nos adhérents de leur mise à disponibilité sur le site Internet dès que toutes les conditions requises auront été réunies.

La mise en route d’une réédition du papier peint des chambres à coucher du Castel Béranger se fera avec la collaboration de l’Atelier d’Offard à Tours, l’un des rares à pratiquer l’impression à la planche, technique employée originellement pour les papiers peints de Guimard.

Atelier d’Offard à Tours.

Atelier d’Offard à Tours.

 

Sur une couleur de fond préalablement passée sur le papier, chaque couleur est successivement tamponnée par une planche gravée. Cette technique, plus prestigieuse parce que totalement artisanale, permet de retrouver une qualité tactile et visuelle qui n’existe plus avec l’impression au cylindre, plus industrielle.

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Afin de retrouver le dessin original, il a fallu interpréter les reproductions de lés originaux en tenant compte des modifications engendrées par l’application de la couleur. Ce travail a été confié à un jeune graphiste, Alexis Lucas, qui s’est parfaitement acquitté de sa tâche.

Un tout premier lé, expédié quelques jours plus tôt par l’Atelier d’Offard a pu être présenté au public et passer de mains en mains. Il est bien entendu que les couleurs, actuellement trop franches, pourront être choisies plus précisément après étude.

Nous publierons bientôt un article abondamment illustré sur ce sujet.

Ostension d’un premier lé fabriqué par l’atelier d’Offard. Photo J.-P. Kosinski

Ostension d’un premier lé fabriqué par l’atelier d’Offard. Photo J.-P. Kosinski

 

Enfin Nicolas Horiot présentait le sujet d’actualité majeur : le projet que le Cercle Guimard nourrit à l’égard de l’Hôtel Mezzara. Les caractéristiques du lieu et l’opportunité d’en faire le représentant de l’Art nouveau parisien ouvert au public étaient détaillées, suscitant plusieurs questions dans le public et un intérêt évident. Actuellement nos démarches se poursuivent auprès de toutes les autorités concernées et nous tiendrons nos adhérents au courant de leur évolution. Le principe de la création d’une Fondation Guimard destinée à la gestion de ce lieu était approuvé à l’unanimité des votants.

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L’Assemblée Générale pouvait se clore sur le renouvellement à l’unanimité des votants du Conseil d’Administration de l’association. Celui-ci comprend actuellement dix membres : Jean-Pierre Lyonnet, Nicolas Horiot, Dominique Magdelaine, Frédéric Descouturelle, Bruno Dupont, Olivier Pons, Agathe Bigand-Marion, Arnaud Rodriguez, Georges Vigne, Paul Smith.

En guise de conclusion, M. Pierre-André Hélène entraînait ensuite les participants dans une visite des salles du restaurant Maxim’s au rez-de-chaussée.

Photo J.-P. Kosinski

Photo J.-P. Kosinski

 

Après l’Assemblée Générale, le Conseil d’Administration a élu son bureau qui, conformément aux statuts, se compose :
du président : Jean-Pierre Lyonnet,
du vice-président : Nicolas Horiot,
du secrétaire : Dominique Magdelaine,
du trésorier : Frédéric Descouturelle.