17 rue La Fontaine : défiguration d'un des derniers appartements « style Guimard » authentiques

Dès septembre 2004, le Cercle Guimard est averti des menaces  une division en deux parties  qui pèsent sur un appartement situé au 5e étage de l’immeuble construit entre 1909 et 1911 au 17 rue La Fontaine.

Par son aménagement intérieur, les éléments de son décor, son authenticité et son état de conservation, il peut encore à ce moment être considéré comme un témoignage essentiel et inestimable du style Guimard et de ses ambitions à prendre en main le décor de la vie domestique.

Les institutions patrimoniales concernées mesurent très rapidement la gravité de la situation, ainsi qu’une formidable occasion de parachever le classement de l’ensemble immobilier édifié par Hector Guimard rue Agar, rue Gros et rue La Fontaine : aux façades et aux toitures déjà inscrites aux Monuments Historiques s’adjoindrait ainsi un appartement « témoin ».

Malheureusement, la Préfecture de Région ne se sent pas concernée par cette cause et refuse de s’opposer aux transformations prévues de l’appartement. Celui-ci finit donc par être scindé en deux, causant la perte irrémédiable des staffs et autres éléments de décor situés à l’emplacement des rajouts.

2005 n’est peut-être pas 1957 ou 1969 (dates respectives des destructions de l’hôtel Nozal et du Castel Henriette), mais le cas présent confirme une fois de plus la fragilité qui caractérise l’héritage guimardien, menacé de se réduire toujours un peu plus au fil du temps  tout en révélant, par ailleurs, le peu d’armes dont dispose une association comme le Cercle Guimard contre ce type de destruction, rendue possible en l’occurrence par la volonté d’une seule personne.

Cette fatalité nous renforce dans l’idée de constituer une base de données conséquente (photographies, relevés, etc.) pour ne pas perdre la réalité et l’ambition d’origine du « projet Guimard ».

Les illustrations de cet article présentent deux éléments de décor disparus, photographiés avant les travaux.